Apocalypse joyeuse: Le désir d’en finir dans la pop culture au Japon

19.02.2020 16:15 – 18:00

S’il faut en croire les dernières projections, les Japonais pourraient perdre un tiers de leur population en âge de travailler d'ici 2040. Ce déclin suscite des inquiétudes telles que depuis 2012, le site Internet de l’Université du Tôhoku abrite une « horloge démographique à retardement » qui, telle une bombe, fonctionne suivant le système du compte à rebours : elle indique le jour où il n’existera plus qu’un seul enfant japonais au monde. Le dernier. Cette projection alarmiste, bien sûr, n’a qu’une valeur symbolique mais elle frappe les esprits. Jugée coupable d’entraîner la nation vers l’extinction, la jeunesse japonaise doit faire face aux attaques : on l’accuse de mollesse, d’hédonisme et d’égoïsme. On l’accuse surtout de s’adonner à la consommation « addictive » de simulacres affectifs (épouses en 3D, petit copain à télécharger) et de se replier dans un confort démissionnaire. À rebours de ce discours moralisant qui associe les simulacres à l’image d’une société qui se désagrège (muen-shakai, la société sans liens), j’aimerais faire de ces produits des amplificateurs de tendance, dont ils pointent la nature iconoclaste : il est mal-vu au Japon d’être célibataire et de consommer des mangas. Encore plus mal vu d’avoir une histoire d’amour avec un hologramme. Pour quelles raisons une part de la population s’inscrit-elle à contre-courant de la norme ? Quelles raisons poussent les jeunes adultes à répéter qu’aujourd’hui est « mieux » que demain ? Pourquoi les animes ou les vidéo-clips montrent-ils si volontiers la fin du monde comme un phénomène inéluctable, voire désirable ? En m’appuyant sur l’analyse d’images (clips, séries, jeux vidéos) issues du Media Mix japonais, j’espère identifier les stratégies qui se déploient derrière la mise en scène de l’apocalypse.

Lieu

Bâtiment: Philosophes

PHIL 211

Organisé par

Maison de l'histoire
AE-ESTASIA - Association des étudiants et étudiantes du Département d'études est-asiatiques

Intervenants

Agnès Giard, Chercheuse associée à l’Université de Paris Nanterre et chercheuse postdoctorale au sein du groupe de recherche EMTECH à l’Université libre de Berlin

entrée libre

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Catégorie: Conférence

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