Cycle de conférences "Enjeux sociaux, enjeux spatiaux" : Géographies d’un monde (dé)confiné

24.09.2020 12:30 – 17.12.2020 14:00

Enjeux sociaux – enjeux spatiaux est un cycle de conférences publiques qui propose un panorama des approches de l'espace et du territoire dans les sciences sociales.
Cette nouvelle session explorera la multiplicité et la richesse des analyses produites sur la gestion et la pensée de l'espace face à l’épidémie de Sars-CoV-2. Les intervenant.e.s questionneront les différentes échelles du confinement, la gestion des frontières internationales, le passé et le futur des villes face aux maladies, et les imaginaires spatiaux. Ils/elles montreront également comment la pandémie peut être révélatrice de l’état du monde contemporain et de ses limites.

Lieu

Bâtiment: Uni Carl Vogt

Salle CV001 (rez-de-chaussée)

Organisé par

Faculté des sciences de la société
Département de géographie et environnement

entrée libre

Classement

Catégorie: Conférence

Plus d'infos

www.unige.ch/sciences-societe/geo/es2/2020/

Contact: missing email

Sous-événements

Mesures sanitaires en temps de Covid19 : Mieux nommer pour mieux comprendre

24.09.2020 12:30 – 14:00

La gestion de la crise sanitaire a suscité, dès l’annonce des premières mesures sanitaires, une étonnante créativité terminologique ; étonnante autant par les choix qui ont été faits que par l’adhésion massive dont elle a été l’objet. La présentation réfléchira à l’adoption de certains des termes, à ce qu’ils révèlent, mais aussi à ce qu’ils cachent.

“Fenced In”: penser l'expérience du confinement en images et en théories

01.10.2020 12:30 – 14:00

Cette intervention porte sur les approches auto-ethnographique en géographie et leur mise en images pour développer une réflexion sur la recherche comme expérience incarnée, vécue et partagée. Face au vertige du confinement et de la fermeture brutale des frontières de la Suisse, et avec un quotidien bouleversé par la quadruple injonction d’être simultanément chercheuse, enseignante universitaire, mère de famille et ‘home teacher’ de deux enfants, Juliet Fall s’est amusée à tenter l’auto-ethnographie comme méthode de recherche. Le résultat, produit sous forme de bande dessinée, fut publié en été 2020 comme article scientifique dans une revue internationale. Entre risque d’un vertige narcissique et une géographie créative féministe et émancipatrice, quelle place peut-il y avoir en géographie pour l'auto-ethnographie visuelle ?

Assainir la ville : naissance de l’urbanisme et lutte contre les maladies transmissibles dans le monde occidental aux XIXe et XXe siècles

08.10.2020 12:30 – 14:00

De l’urbanisme « tactique » du déconfinement du printemps 2020 à l’imposition du masque dans l’espace public dans les grandes métropoles françaises quelques semaines plus tard, les villes et leur densité se sont révélées des objets de police sanitaire à l’occasion de la pandémie de Covid-19. Elles l’ont été bien avant, à l’occasion des tentatives de contrôler les épidémies de peste médiévales et modernes, ou les nouveaux fléaux surgis à l’ère industrielle : choléra, fièvre typhoïde, tuberculose. On reviendra sur les façons dont le savoir médical d’une époque donnée a pu infléchir la fabrique de l’environnement urbain, et dont ce dernier a pu être considéré comme un facteur de « risque » pour la diffusion de maladies difficiles à prévenir et encore plus à soigner, à l’époque considérée. Comme la Covid-19 met la prévention et la santé publique sur le devant de la scène, la conférence sera l’occasion de revenir sur l’âge d’or de l’hygiénisme, avant que les progrès du domaine thérapeutique ne le fassent considérer comme archaïque.

Quand le réel devient fictionnel : la science-fiction et l’imaginaire des catastrophes

15.10.2020 12:30 – 14:00

La crise de la Covid-19, outre ses problématiques sociétales et économiques, s’est également remarquée par sa capacité à mobiliser, inconsciemment, de nombreux imaginaires afin de donner du sens à ce que l’on ne pouvait pas maîtriser : comportements étranges, théories du complot, repli sur soi, anxiété numérique, peur de la traçabilité et autres villes désertes semblent davantage ressortir à un film de science-fiction qu’aux comportements d’individus rationnels. L’enjeu de mon propos sera d’analyser pourquoi l’imaginaire science-fictionnel vient combler les lacunes de nos représentations et quelles fonctions anthropologiques une telle substitution peut avoir dans nos vies.

Anthropocène : phase 2

22.10.2020 12:30 – 14:00

"Après sept décennies d’altérations du système Terre, je défendrai l’hypothèse selon laquelle nous sommes entrés dans la phase 2 de l’Anthropocène, celle des effets boomerang de notre destructivité. Je rappellerai en quoi l’épisode de la Covid-19 relève de cette phase. J’esquisserai la rigueur et l’ampleur des actions qui nous permettraient de ne pas heurter avec la violence maximale l’iceberg vers lequel nous conduit à toute vapeur notre trajectoire."

Géographicité et pandémie

29.10.2020 12:30 – 13:15

La notion de géographicité a été développée dans les années 1950 par le géographe Eric Dardel comme définition de « la présence immédiate et concrète des individus à la Terre ». Peu usité aujourd’hui, ce concept a cependant marqué la géographie humaniste des décennies suivantes. Pour le mieux, alors qu’il s’agissait de se défaire d’une géographie néo-positiviste et de revaloriser l’importance des affects et de la substance, mais avec souvent le risque d’inscrire la discipline dans un matérialisme de surface d’où les rapports de pouvoir seraient absents. L’autre impasse de l’approche phénoménologique de Dardel réside dans l’angle mort des objets techniques alors même qu’ils participent au premier chef des rapports que nous entretenons avec la réalité géographique. A partir de ce constat, l’objectif de cette présentation sera de revenir sur quelques épisodes qui ont ponctué l’épidémie de Sars-CoV-2 afin de voir si oui ou non le concept de géographicité est toujours une catégorie utile d’analyse. Son intérêt sera alors autant de porter un questionnement géographique sur cet événement que de chercher à consolider le concept de géographicité dans une perspective de type post-phénoménologique.

Le coronavirus, agence spatiale!

12.11.2020 12:30 – 14:00

Cette présentation tentera de montrer en quoi on peut considérer que le coronavirus Sars-CoV-2 constitue l’opérateur spatial de l’année 2020. On montrera qu’il a bouleversé les « géopolitiques » à toutes les échelles, de celle, globale, du Monde en situation de crise, à celle des corps des individus confinés. La pandémie constitue un formidable révélateur de l’état du Système-Monde contemporain.

La smart city pandémique: trois modes d’existence

19.11.2020 12:30 – 14:00

"Travaillant sur la smart city indienne et sud-africaine, les neuf membres de notre équipe de recherche ont été témoins dès mi-mars, alors que la pandémie Covid-19 se diffusait dans les cinq pays où nous vivons, de l’émergence d’une « smart city pandémique ». Les technologies, les institutions et les personnes que nous observions et avec lesquelles nous travaillions ont en effet été refaçonnées et réorientées ces derniers mois afin de gérer la crise sanitaire. Tirant parti de travaux dans le domaine des ontologies plurielles et des études postcoloniales urbaines, cette conférence analyse l’articulation dans les villes du Sud Global des trois modes d’existence de la smart city – soutenue par l’Etat, par les entreprises privées et par les citoyens – qui ont été à la fois révélés et réorganisés en ces temps pandémiques. En conclusion – et pour ouvrir la discussion – j’interrogerai plus généralement sur cette base un aspect de l’« effet pandémique » : comment la pandémie accélère et légitime des transformations de la société par le numérique."